Les contempl'actif: Elisabeth - la mode autrement.

Mis à jour : avr. 7

Je vous présente Elisabeth, ou "zaza", un très bonne amie avec qui j'ai souvent échangé autour de l'écologie et du changement de consommation. Elle est la première à témoigner pour God save the green!



Hello à tous, je m’appelle Elisabeth, Zaza donc, j’ai 23 ans et je suis en dernière année d’école de commerce. Je suis en stage de fin d’étude dans un cabinet d’Audit-Expertise à Paris. J’ai fait mes études à Angers où j’ai rencontré Camille et on peut clairement avouer que je suis passionnée par la mode, dans les moindres détails que pourrait sous-entendre.


Est-ce que tu as toujours été attachée à la mode, aux vêtements ? Est-ce qu’au quotidien ton image est importante dans les environnements où tu évolues ?

J’ai toujours eu goût à la mode, aux vêtements, d’aussi loin que je me souvienne. J’ai le souvenir d’une robe à smocks « qui tourne » que j’adorais. Mais paradoxalement je détestais me déguiser. Je tiens ça de ma mère et de ma grand-mère je crois. Maman a dépassé la centaine de paires de chaussures dans son dressing (on sait donc de qui je tiens !) et j’ai toujours vu Grand-Mère hyper bien habillée, avec des broches sur ses vestes, vernis et rouge à lèvres. Elles m’ont aussi appris à privilégier la qualité à la quantité. Exit les chaussures en polymère où ton pied ne respire pas, dont les talons se brisent au bout de 3 fois, etc… Ou encore d’être toujours habillée de circonstance. De s’habiller tout court : jamais je ne suis sortie en legging/jogging (bon peut-être pour aller chercher le pain un lendemain de soirée).

J’adore m’habiller donc. Je ne pense pas que cela soit superficiel : s’il on n’est pas bien dans son corps, l’enveloppe de notre âme. Comment réussir à s’en détacher pour se concentrer sur son mental ? Et puis aussi, cela renvoie une certaine posture sociale, quoi qu’on en dise… Je fais un métier où je me déplace en clientèle, face au client je me dois donc d’être « ambassadrice » de ma boîte (a.k.a. justifier les honoraires faramineuses qu’on leur facture) et donc être « propre sur moi ». Vraiment le type des vêtements choisis le matin renvoie qui l’on est. (tmtc repérer le jeune catho en chaussures bateaux). J’aime bien aussi porter des choses adaptées aux endroits où je vais, jouer avec les styles et les coupes, et surtouuut ne pas être habillée trop souvent pareil. Ça aide à affirmer sa personnalité je trouve.

Quand as tu commencé a te questionner sur la mode éthique et responsable? Comment la prise de conscience sur l’impact qu’a cette industrie est-elle apparue ?

Je traque le bon plan de la seconde main depuis de nombreuses années, acquérir un vêtement déjà porté ne me rebute pas (la machine à laver ou le pressing sont fait pour cela !). C’est un peu comme récupérer les fringues de ta cousine (certes il faut demander mille photos pour être sûr(e) de l’état ou l’inspecter sous toutes les coutures chez Emmaüs). C’était principalement pour des raisons économiques : acheter moins cher, ou parce que j’avais « loupé » une pièce qui date d’une collection passée. Ma prise de conscience écologique et éthique s’est faite au fur et à mesure, de découvertes de marques Made in France qui expliquaient le réel coût de leur produit pour le consommateur : marge, rémunération, matière première… De documentaires (« the true cost » notamment), ou même la prise de conscience en magasin que Zara vendait 50x trop cher des fringues produites en quantités astronomiques et en polyester en plus. Tout ça pour avoir la même petite robe « facile » à 30 balles que ta voisine. Prendre conscience que des tee-shirts Décathlon vendus 2€ plein pot, ce n’est pas réaliste. Quelqu’un ou quelque chose s’est fait avoir dans l’histoire (spoiler : les ouvriers, les intermédiaires et la planète). On n’oublie la réelle valeur des choses. Ou même réaliser que les soldes n’existent plus pour « vider » les stocks, mais plus comme un effet pour consommer encore plus, car souvent rien n’est véritablement soldé ou encore que les collections se renouvellent tellement vite qu’il n’est plus possible de réellement suivre. (Saviez-vous par exemple que les boutiques Outlet Ralph Lauren sont des collections spéciale Outlet et non pas des pièces de collections passées ? on marche sur la tête !) Aujourd’hui beaucoup de comptes Instagram ou de blogs se lancent sur ces sujets et permettent de démêler le vrai du faux, ou encore d’arrondir les angles sur de nombreux points. (Comme par exemple pourquoi s’écrier sur un chemisier en soie produit en Chine alors que les chinois maîtrisent la soierie comme personne ?). Ou encore en suivant l’actualité de nouvelles marques ou de marques s’essayant à la mode responsable, greenwashing ou pas. Bref c’est un chemin qui s’est fait dans une globalité.

Quels ont été les changements (progressifs ou radicaux?) sur ta façon d'acheter ? Est-ce que tu consommes encore des produits de grandes enseignes de fast-fashion même si tu sais que c’est clairement pas top-top ?

Aujourd’hui les changements radicaux que je vois dans ma consommation c’est que je raisonne beaucoup plus avant de passer à la caisse. Bon j’ai peut-être grandi aussi, mais ce n’est pas parce que mon pouvoir d’achat a genre triplé que je me suis lâchée à faire des énormes sessions shopping. Je ne suis d’ailleurs plus capable de cela. Je fonctionne en faisant un point de ce dont j’ai besoin et envie, et je fais des wish-lists à rallonge. Ce n’est pas toujours vers des marques éthiques/responsables/Made in France/de la seconde main, mais personne n’est parfait, personne ne l’est d’un coup et personne ne le souhaite ! Malgré les possibilités qui existent, je n’irais pas chercher mes chaussettes noires basiques ailleurs que chez Carrefour. Mais cela viendra peut-être ! Je craque aussi encore chez H&M, notamment pour les jeans. Il faut avoir conscience que le shopping en ligne est quand même extrêmement abordable (livraison rapide, retours gratuits, promotions fréquentes) et que cela permet d’assouvir aussi ses petits désirs de mode « ultra tendance » mais qui passeront (je pense par exemple à une jupe midi effet satin de couleur lavande). Je pense qu’il ne faut pas avoir un discours moralisateur ou culpabilisateur, mais il faut continuer à (s’)informer sur les réalités de la production et des modèles économiques de la mode à grande échelle aujourd’hui. Et modifier ses habitudes petit à petit. Un changement radical que j’ai en tête est que je me refuse dorénavant à acheter de la maille composée de matières synthétiques : cela a une durée de vie ridiculement courte du fait des peluches, est in-revendable et j’ai déjà suffisamment de pulls dits « de campagne ». Il faut aussi réussir à articuler son comportement dans une globalité : identifier ses besoins, faire le tri régulièrement, être capable de donner, prioriser ses dépenses et son budget, ne pas dépenser au-dessus de ses moyens, etc… A partir de tout cela, on va tendre doucement mais sûrement, et surtout durablement à ne plus consommer fast-fashion. Ayant pris encore plus goût aux belles matières, aux pièces plus confidentielles ou à la traque de la meilleure affaire, je peux affirmer avec fierté que je ne mets plus les pieds chez Zara du tout !

Est-ce que tu penses que l’on peut lier mode et Carême ? Est-ce que tu fais un effort particulier relatif à ce thème sachant que c’est ton gros plaisir ?

Comme chaque année depuis 3/4 ans je dirais, un de mes efforts de Carême les plus « visibles » est mon refus d’acheter quoi que ce soit. Les nouvelles collections sortent et on a envie de printemps, il faut cependant résister à la tentation ! J’en ai dédié un article ici.

Tu as donc lancé un blog dernièrement, est-ce que tu y donnes des conseils pour une mode plus écolo ?

J’ai lancé un blog dernièrement parce que j’avais envie de partager ma manière de voir les choses dans ce petit monde d’Instagram où l’on est toujouuuuurs tenté par des nouveaux produits, un autre style, des nouvelles marques, etc… J’ai eu aussi envie de partager mes manières de consommer autrement (comment chercher du vintage sur Vinted par exemple, ou les soldes raisonnées même si dans des grandes enseignes). Je ne parlerais pas que de cela mais je trouvais ça chouette d’avoir tous mes « bons plans » réunis au même endroit. J’aimerais vous faire découvrir mes petites marques Made in France ou éthiques au fil de mes découvertes, partager mes inspirations, etc… Je ne pense pas avoir la réponse à tout et être un modèle d’exemplarité mais ma penderie est composée à 50% de trucs de seconde main, j’ai donc de quoi raconter à ce propos ! Et puis j’adore échanger sur ce vaste sujet qu’est la mode ! Mais c’est vrai que le fil rouge de mes articles sera finalement une certaine responsabilité, car je vous parle de moi et de ma manière de voir les choses, et aujourd’hui ma consommation est responsable, et j’espère ! raisonnable. Je pense sincèrement que tout ce dont on a besoin de neuf existe déjà et a déjà été produit, ou qu’il existe une alternative plus « écolo ».


Merci Elisabeth, vous pouvez suivre ses aventures sur Instagram @zazastagram



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"Nous avons besoin d'une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous."

© 2019 par Camille Allard pour God Save the Green.