God save the green: semaine 7 et 8

Comprendre les risques et les joies de la mission. Entre vocation et passion, retour sur les deux dernières semaines de mission à la paroisse Ste Jeanne Delanoue de Saumur.

Je prends enfin le temps de vous écrire ! Malgré mes trois semaines de retard, j'ai encore en mémoire ce qui s'est passé !


La semaine 7 a été la plus éprouvante que j'ai connu depuis le début de la mission. Elle m'a conduit aux urgences, de sorte que le semaine 8 a été une semaine rude, passée à essayer de me reposer alors que la mission n'était pas encore finie. Laissez-moi vous conter brièvement ces deux semaines.


11H30. C'est le nombre d'heures d'interventions en écoles, collèges et lycées que j'ai fais en 5 jours, en enchainant interventions sur interventions sans prendre le temps de me poser. Avant même que cette semaine commence (12 au 18 octobre), je savais que j'allais faire face à mon point de rupture: ce moment où je sens que mon corps risque de lâcher et de s'écrouler si je ne ralenti par très rapidement.


Très vite, au milieu de la semaine, mon corps a capitulé et la douleur est devenue impossible à gérer. Pourtant il fallait bien continuer, prendre la parole devant ces élèves et ces adultes. J'ai été jusqu'au bout des interventions.. La dernière a eu lieu le vendredi à 16H30. A 17H, je rejoignais un médecin en urgence, ne tenant plus face à la douleur.


Depuis le début de cette mission, je vois bien que personne ne prend bien en compte la relation à soi-même, si importante pour l'équilibre de l'écologie intégrale. Je n'ai moi-même pas respecté cet équilibre ... La limite entre passion et mission est si fine. J'aime cette mission et j'y mets tout mon cœur et toutes mes forces. A chaque évènement annulé, je me dis que c'est une occasion en moins pour parler de l'Amour et de l'Espérance de Dieu. J'ai repensé à tous ces saints que j'aime tant, qui TOUS ont été au delà de leur force par amour et dévotion pour Dieu.. J'ai encore en tête l'histoire de Mère Teresa, s'écroulant plusieurs fois mais tenant à finir sa mission.



Quand enfin j'ai compris que je devais prendre soin de moi, où du moins me ménager pour tenir à long terme, il était trop tard. Malgré les douleurs, je suis revenue à Saumur pour finir la mission. Il nous restait une semaine. Une semaine calme.. et à rude épreuve. Nous avons organisé une marche d'Assise avec les enfants. Ils ont bravé la pluie pour nous rejoindre et ont apprécié cette démarche: c'était réconfortant de voir que l'activité fonctionnait, surtout quand je savais que je n'étais pas au meilleur de ma forme. Il y a aussi eu un chapelet au Créateur et à sa Création (a retrouver dans l'article "Vers une conversion spirituelle"), une rencontre avec les jeunes qui préparent leur profession de foi, des derniers diners d'au revoir..





Je reconnais avoir eu la chance d'être soutenue dans cette mission, par Christelle et le père Laurent. Christelle, déjà bien occupée par sa grande famille et ses missions a pris du temps pour moi. J'ai été accueilli dans sa famille avec simplicité et j'ai passé de belles soirées avec ces six enfants. Le père Laurent a toujours été motivé et volontaire, tout en étant sérieux lorsque mes idées n'étaient pas adaptées. Cet équilibre des relations, avec une maman et un prêtre, a fait que je me suis sentie épaulée. Il n'est pas simple d'être toujours souriante, toujours battante. Cette dernière semaine, j'étais épuisée et la douleur m'empêchait de réaliser de beaux témoignages de foi et de ma mission. J'ai parfois capitulé et je me suis mise en colère. Christelle et le père Laurent étaient présents. Une bonne mission ne peut se vivre seule, elle ne peut se faire que par le soutien de la paroisse.


Alors quand il a fallu partir, j'ai pleuré. Des pleurs de fatigue, des pleurs de tristesse. La mission m'oblige à aimer des gens pour trop vite les quitter. J'ai vu dans beaucoup de visages des larmes partagées, des souvenirs gravés.. Je sais d'expérience qu'il ne sert à rien de dire que nous nous reverrons.. Nous n'en savons rien. Pourtant, je promets de garder en mon cœur tous ces visages de cette mission, et de prier avec chacune de ces personnes rencontrées.


Merci Saumur, merci à la paroisse Ste Jeanne Delanoue, Merci au père Laurent Blourdier, au père Luc David. Merci aux soeurs de Ste Jeanne Delanoue. Merci aux familles et aux couples qui m'ont accueilli.


Et si nous unissions nos prières ?

Cette semaine, et notamment avec les nouvelles restrictions sanitaires, la suite de ma mission est en péril. Elle se passera donc à distance, via les moyens de communications et les réseaux sociaux ... Mon cœur se sert à l'idée de ne pas partager physiquement la mission, car elle se vit grâce aux rencontres ...


Je vous propose d'unir nos prières pour tous les missionnaires, en prenant un temps chaque soir à 21H pour réciter la prière de God save the Green et un Je vous Salue Marie.



Prier plutôt que de désespérer, Aimer plutôt que de pleurer, Semer plutôt que de renoncer,

Camille pour God save the Green.

Des nouvelles cette semaine ?


Retrouvez-moi dans l'émission "Commune Conversion" d'Anne Kerléo pour RCF National, en replay ici: https://rcf.fr/actualite/camille-allard-temoin-de-l-eglise-en-transition



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"Nous avons besoin d'une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous."

© 2019 par Camille Allard pour God Save the Green.