Catho & écolo: la Genèse.

Mis à jour : sept. 3

Commençons par le commencement. La Genèse est le premier livre de la Bible. Elle raconte les origines du monde en commençant par le récit de la Création.

« Dieu vit que cela était bon » (Gn 1, 25).


Dieu est Amour et Bonté. La Création n'est pas pure caprice créée pour satisfaire l'Homme. Nous oublions souvent le sens premier de notre Monde, nous fiant au récit de la Création dans sa chronologie. Repartons à la découverte de la merveilleuse histoire du Monde.



Le regard de Dieu, au début de la Bible, se pose doucement sur la création. De la terre à habiter jusqu’aux eaux qui entretiennent la vie, des arbres qui portent des fruits aux animaux qui peuplent la maison de Dieu, tout est cher aux yeux de Dieu qui offre à l’homme la création comme un don précieux à garder. - Pape François

Deux points de vue: entre chronologie et projet divin.


D'un point de vue "historique", c'est à dire dans l'ordre de réalisation des faits (chronologique), voilà comment se déroula la Création.. Dieu créa la Terre, l'eau, la lumière, le jour et la nuit puis les créatures (Gen. 1, 1-25). Il finit par créer l'Homme.


Mais du point de vue de Dieu, comment tout cela s'est-il passé?

Dieu aurait pensé à la Création avant de penser au Christ?



C'est là que nous faisons erreur car en réalité, les faits se passèrent dans un sens autre à celui qui nous est historiquement présenté. Le Christ est le premier né de la Création! D'un point de vue divin, le cours des choses est inversé. Dieu a d'abord eu le projet d'incarnation et ce dernier a donné sens à la Création. Or pour que l'incarnation par Jésus ait lieu, il fallait un réceptacle et un environnement. Ainsi, les hommes et la Terre furent pensés pour accomplir l'incarnation de Dieu.


"Il n'y a pas d'abord création, puis incarnation: le Christ est partie intégrante du projet créateur" - Martelet

Nous remarquons aussi que Dieu créa les hommes "à son image" (Gen, 1, 26). Par Amour, Dieu créa une terre pour nous accueillir. Mais il a agi par renoncement, en créant l'homme "selon sa ressemblance". Cela ne signifie pas que nous sommes des demi-dieux, mais que Dieu a accepté une diminution pour nous en espérant que nos cœurs soient aussi bons que le sien. Mais étant des hommes libres, nous pouvons choisir entre le Bien et le Mal.

La Genèse a souvent été mal interprétée. En effet, lue sans réflexion, elle parait cruelle: donnant ordre à l'homme de "dominer" et de "soumettre" la création. C'est en appliquant les textes purement que certains hommes se sont crus être ''maître du monde". Or seul Dieu a un pouvoir de Créateur et de Maître.

A l'origine, nous ne sommes que des créatures à l'image de Dieu, formées de poussières (Nature) et du souffle de vie (divin). Nous ne sommes pas appelés à dominer mais à cohabiter; avec les autres et avec la Terre.


"Nous n’avons pas été créés comme des individus qui se comportent en maîtres ; nous avons été pensés et voulus au centre d’un réseau de la vie constitué de millions d’espèces amoureusement rassemblées pour nous par notre Créateur. L’heure est venue de redécouvrir notre vocation d’enfants de Dieu, de frères entre nous, de gardiens de la création. Il est temps de se repentir et de se convertir, de revenir aux racines : nous sommes les créatures de prédilection de Dieu qui, dans sa bonté, nous appelle à aimer la vie et à la vivre en communion, reliés à la création" - Pape François*

Nous citons souvent la Pape François, qui a réveillé les esprits avec l'encyclique Laudato si. Mais bien d'autres Papes ont lancé l'alerte autour du devoir de l'homme. C'est ainsi qu'en 1996, le Pape Saint Jean Paul II s'adressait aux participants d'une rencontre organisée par le Bureau Européen de l'environnement:


La vocation de l'homme est de « cultiver » la terre que Dieu lui a confiée; parmi les créatures, l'homme est le seul être qui soit responsable des conséquences de son action, non seulement pour lui-même mais aussi pour les générations futures, pour lesquelles nous devons préparer un monde habitable. Personne ne peut s'approprier les biens de la terre. Comme le disait Ambroise de Milan, «la fécondité de toute la terre doit être la fertilité pour tous».

Nous sommes des êtres libres, non pas voués au malheur et à la mort, mais à la vocation de se développer de manière harmonieuse avec son environnement humain et naturel.



Aime, Prie, Sème.

Camille pour God save the green.


Sources :

- Récit de la Genèse

- Pour une théologie de l'environnement, de E. Boné, 1971.

- Discours du Saint-Père Jean Paul II aux participants d’une rencontre du Bureau Européen de l’environnement, 7 juin 1996.

- Apocalypse, de Mr Senger, 2011.

- Laudato Si, du Pape François, 2015 (passage 65 à 68).

- Jésus Cosmos, de Frère François-Régis Fine, 2016.

- (*) Message du Pape François pour la célébration de la Journée Mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, 1er septembre 2019.



Une citation de Laudato si ?

67- Il est important de lire les textes bibliques dans leur contexte, avec une herméneutique adéquate, et de se souvenir qu’ils nous invitent à “cultiver et garder” le jardin du monde (cf. Gn 2, 15). Alors que “cultiver” signifie labourer, défricher ou travailler, “garder” signifie protéger, sauvegarder, préserver, soigner, surveiller. Cela implique une relation de réciprocité responsable entre l’être humain et la nature.

Une prière?


  • Icône sociale YouTube
  • Facebook
  • Instagram

"Nous avons besoin d'une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous."

© 2019 par Camille Allard pour God Save the Green.